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29.01.2008
Anne-Sophie et Les fleurs bleues
Hier, quai de je ne sais plus quoi, près de Notre-Dame hautaine et d'un monsieur entreprenant, je prenais un café fort étrange où un reflet rouge buvait la tasse, tout en bouquinant Queneau et ses mots-quenelles, hachis de sens à la dérision, petits cylindres de poésie trempés dans une sauce de réalité fuyante. Lisant face à la Seine qui coulait, je souriais de la cocasse absurdité des scènes qui, cool, me plongeaient dans la saine surdité de celui qui n'entend plus le pas du passant qui passe, ni le passage sur le boulevard de milliers et de milliers de houatures. Les lignes pas chiches dansaient devant mes yeux péniches qui ne pouvaient résister au courant joyeux des mots quand, soudain, panne de courant, monsieur Entreprenant m'entreprit: il a l'air de vous passionner ce bouquin, hein! Tout sourire, quenottes à l'air, il désignait mon Queneau et comptait sûrement qe j'abandonne Les fleurs bleues pour l'écouter me conter fleurette. Mais le matou roucouleur n'a eu que ma moue du matin couleur mauvaise humeur à se mettre sous la dent. Puis gueuse, j'ai volé l'heure à sa tocante, ne voulant pas arriver en retard à mon rendez-vous avec la blogueuse Anne-Sophie de La Lettrine. J'ai rue de Rivoli où une volée jolie de pigeons gris m'a offert une plume et un attentat de fientes que, défiante, j'ai esquivé. J'étais à l'heure mais pas à la bonne adresse, Saint Antoine m'avait conduite dans un faux bourg... En la voyant approcher, je me suis demandée ce que j'allais bien pouvoir raconter à Anne-Sophie, fallait que je trouve un truc intelligent, existentiel peut-être, pour lui parler d'Existe en ciel... J'ai rentré mon Queneau pour ne pas paraître trop Fleurs bleues puis nous sommes allées manger de l'herbe rouge et nous saouler de mots. Le temps a filé Exocet, les rires ont fusé. Je suis repartie avec son sourire derrière la vitre du bus 76 et l'ange de la Bastoche qui me faisait un clin d'aile doré: fastoche, la vie! Puis ce premier billet, découvert ce matin depuis ma Windows et ce joli autre relatant plus précisément notre discussion, merci Anne-Sophie de ta lecture et de cette rencontre! Et prochain rendez-vous au Faubourg Saint-Antoine, sans faute! ;))
21:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note







Commentaires
Excellent ! Pour les trajets toutefois, St Christophe dit-on est plus sûr :o)
Ecrit par : Loïs de Murphy | 29.01.2008
@Loïs: bonjour et merci du tuyau! En ce qui concerne l'histoire des Saints et de leurs talents respectifs, il est clair que je suis un peu...à la rue! ;)
Ecrit par : Kiki | 30.01.2008
Bravo ta note est toujoujours aussi belle et... tu en as de la chance, hier chez Anne Sophie, aujourd'hui chez Mandor... tu tiens le bon bout de la célibrité ;o)
Signé : une FAN (pas de carotte, hein !)
Gros bisous pour une belle journée.
Ecrit par : Nath | 30.01.2008
Non non Christine, ce n'est pas ce que j'ai retenu de cette rencontre. La suite arrive demain !
Ce billet c'était juste en passant, histoire de faire découvrir un peu ton style.
Ecrit par : Anne-Sophie | 30.01.2008
C'est bon comme un p'tit bout de vie accrochée en passant, dans le carnet de ma mémoire.
Un coin de table. Dans le caniveau. Pigeon vole, s'amuse avec mégots dans un reste de flaque d'O.
Angle de rue. Ensoleillée, en plein hiver. Café fumant un peu lavase. Chocolat fondu côté tasse. Odeur vague de poubelle ramasse. La dunhill sortie du paquet rouge masqué en noir (new look pourrave. Dunhill, revenez au classique rouge). Et l'univers entier pour approcher quelques instants la singularité de la vie des passants.
Un belle brune.
Regard de braise. Espace solaire. Elle regarde les n° au-dessus des immeubles. Elle évite le pigeon joueur au vol... La fiente "plotch" à ses pieds. Esquisse de fou rire? .. du mal à me retenir.
Elle cherche quelque chose. Ne trouve pas. S'arrête. Repars. Ne comprends pas. Début d'un sourire intérieur, avec stupeur? Non.. finalement elle rumine, rouspète, s'énerve contre elle?
ça sent le RDV râté. Et les poubelles justes ramassées.
La belle s'en va au pas de course.
La fiente de pigeon est toujours là. Elle se dilue dans l'eau sale du caniveau, comme un sourire s'efface, comme un fou rire s'éteint avoir d'avoir éclaté: la brune est repartie trop vite.
Je ne lui ai pas couru après, pour la rattrapper. Je n'ai pas osé:
"mademoiselle? Vous avez perdu ça" (st antoine te le rend si tu lui demandes) en montrant du doigt la fiente du pigeon joueur. C'est un p'tit bout de son histoire. Perdu dans le caniveau.
(merci Chris de tes mots bleus. Qu'est ce que j'aime tes mots! MER-CIII)
Ecrit par : elleva | 30.01.2008
Belle découverte que ce blog...ça donne vraiment envie de vous lire. je tâcherai de me procurer vos nouvelles.
Ecrit par : Mikael | 30.01.2008
@Nath: merci! Mais, tu sais, comme végétarienne, j'ai aussi une grande sympathie pour les fans de carottes! ;))
@Anne-Sophie: j'ai rajouté le deuxième lien vers ton bel article. Merci encore de cette belle exposition que tu m'offres dans les pages de la lettrine et à très bientôt!
@Elleva: j'aime toujours autant ces jolis échos poétiques à mes billets dont tu signes tes passages ici! Et je viens de découvrir en plus que tu re-postes sur ton blog, c'est super! Ecrire, c'est aussi chercher à provoquer ces résonances intimes chez l'autre, à arriver à remuer un peu, doucement, ses souvenirs, ses émotions... Merci, Elle, de cette histoire parallèle, sensations identiques d'un instant lointain et partagé.
@Mikaël: bienvenue et merci! C'est un peu l'objectif de ce blog, de faire découvrir mon univers et mon écriture, donc je suis contente de voir qu'il remplit bien son rôle! ;)
Ecrit par : Kiki | 31.01.2008
ah Queneau..... j'aime!
Ecrit par : amanda | 31.01.2008
@Amanda: pareil!
Ecrit par : Kiki | 01.02.2008
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