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04.05.2008
Pour la réhabilitation de la crème brûlée...

C'est l'histoire d'un dessert exquis qui, bien malgré lui, avait été mêlé à une sombre, inique et triste affaire de moeurs. Il y était question d'inceste, d'un visage brûlé au chalumeau de cuisine, d'une petite madone d'Estremadura, lipstick piment paupières charbon, déballant les douleurs de sa vie extrême et dure dans un tribunal moisi, de yeux complaisamment fermés, d'enfances cramées et d'avenirs volés, rien que du sordide... Après le drame, sur la table, les crèmes brûlées ont refroidi longtemps. Personne n'a plus eu envie d'y toucher, d'exploser la barrière de sucre, checkpoint caramel, pour accéder à la douce plage d'onctuosité du flan si léger. Mea culpa. J'ai raconté cette histoire et, depuis, les ramequins purgent une peine injuste et longue, les petites cuillères ne Sing-Sing plus joyeusement contre les bords de la porcelaine remplie de cette inimitable douceur tiède et candy. La recette a fait appel. L'injustice est croustillante...euh...criante. Alors, pour rendre justice à ce délice complice de rien, victime collatérale, je republie ici ladite recette, écoutez-la manifester doucement aux marches de vos palais, réhabilitez-la! Reprendre goût au bonheur, ce n'est peut-être pas qu'une vaine expression... Et, pour ceux qui ne suivent pas, plizz, allez chez Lucile. Dans sa mer à lire, y'a un article qu'on voit danser et qui a fait de ma journée un golfe clair, merci de ta lecture, Lucile, et à toi aussi, Amanda, pour avoir offert cette jolie autre lectrice à Existe en ciel! Un jour, je vous ferai ma spéciale crème brûlée, promis, vous en redemanderez! ;)
K...rème brûlée
(pour environ 6 ramequins)
Blanchir 8 jaunes d'oeuf avec 150 g de sucre en poudre, very slowly, langoureusement, à la cuillère en bois, sans heurts, en tournant dans le sens des heures.
Dans une casserole, mélanger 1/4 l de crème fleurette à 1/4 de lait (cru de préférence). Faire tiédir et y laisser infuser vanille gousse fendue ou autre pousse herbeuse au parfum délicat: estragon, ciboulette, les plaisirs sont infiniment variables.
Ajouter le mélange laiteux crémeux parfumé aux jaunes blanchis, very slowly, etc etc...
Mettre le tout au frigo et laisser reposer quelques heures, naissance d'une alchimie.
Répartir dans les ramequins dont on a pu auparavant, variante exquise, garnir le fond de petits morceaux de fenouil caramélisés, enfourner (80°C) pendant 45mn environ et oublier jusqu'au lendemain, jusqu'à ce que le four soit complètement froid.
Saupoudrer de sucre et passer sous le gril ou au chalumeau... Poser sur le rebord de la fenêtre pour que le caramel prenne et réussisse peut-être à enfermer au passage dans sa carapace douce un effluve lilas blanc du jardin.
C'est prêt! ;)
(Puis, si vous avez encore faim de lecture, lisez ma reddition)
14:23 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note






